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Creuse Sites archéologiques

La nécropole gallo-romaine de Pontarion

Située à quelques kilomètres de Guéret en Creuse, Pontarion est une petite commune sur laquelle fut découverte une nécropole gallo-romaine comportant 296 sépultures.

Un site archéologique préexistant

La littérature archéologique mentionne depuis le XIXème un temple consacré au dieu Priape. Les textes scientifiques régionaux font bien état de la présence d’artefacts sur la commune. C’est au début du XXème siècle qu’une nécropole gallo-romaine est mise à jour. Bien que le site ait fait l’objet de fouilles, celui-ci ne révéla son potentiel qu’à partir des premières prospections qui furent menées en 1986. La même année, la mairie de Pontarion signalait l’exhumation de sépultures à incinération sur le territoire de la commune. Cette découverte permit aux archéologues de faire le lien avec le site mentionné au début du siècle.

La découverte des vestiges funéraires

Le site fut fouillé, chaque été, de 1986 à 1990. Fosses profondes, coffres et urnes funéraires, objets domestiques, outils, céramique et se révéla d’une très grande richesse. Il offre une particularité : il n’a livré que des sépultures à incinération confirmant l’usage très fréquent de coffres funéraires en Limousin durant l’Antiquité. Mais le site a aussi livré des urnes funéraires de différentes tailles. Le défunt était déposé sur un bûcher avec des objets personnels, des offrandes avant d’être consumé. Puis après combustion, les résidus restant constituaient la crémation. Les os calcinés étaient alors déposés dans urne cinéraire ou un coffre avec un couvercle en pierre.

Coffres funéraires exhumés lors de la fouille de la nécropole de Pontarion

La nécropole et les modes de sépultures

La concentration de sépultures dans un lieu précis ne fait aucun doute : il s’agit bien souvent d’une nécropole (contraction du terme grec necros et polis en grec signifiant la cité de morts). La nécropole est un espace funéraire situé extra-muros (hors les murs de la cité) répondant non seulement à des normes d’hygiène mais aussi à une nécessité de marquer une séparation entre l’espace des vivants et l’espace des morts. Bien souvent, elle est située proche d’une voie de circulation permettant aux vivants de garder un lien avec les morts et Pontarion ne déroge pas à la règle. En effet, la nécropole se trouvait vraisemblablement à l’intersection de deux voies de communication dont une menant à Acitodunum (Ahun).

La nécropole peut regrouper plusieurs modes de sépultures. Selon la classe sociale des défunts, les sépultures variaient allant de la simple stèle au mausolée pour les grandes familles fortunées. Alors que la cippe (stèle en pierre sculptée) marquait l’emplacement du défunt et parfois sa représentation, la simple stèle était accompagnée d’une inscription indiquant son nom et les événements marquants de sa vie. La nécropole de Pontarion a essentiellement livré des sépultures à incinération.

Incinération et pratiques funéraires

L’incinération est une pratique funéraire attestée par les peuples gaulois depuis le IIIème siècle avant notre ère. Le défunt est généralement incinéré avec ses vêtements et ses bijoux puis ses cendres sont ensuite récupérées pour être déposées dans une urne en terre cuite ou en verre. Pour protéger les urnes contenant les cendres, on les déposait au centre d’un coffre en pierre (en Limousin, ils sont majoritairement en granite) déposé à même le sol dans une cavité naturelle. Le coffre était ensuite refermé et son bourrelet en assurait l’étanchéité. Autour du coffre, on disposait également des restes de la crémation : morceaux de vaisselle, clefs, bijoux ou outils. Les dépôts d’objets sont sensés accompagner les défunts vers la mort. Les sépultures données aux morts par les vivants servent à honorer leur mémoire. 

A droite une urne en terre cuite / A gauche une urne en verre
Source : Guy Lintz

Quelques objets révélés par la fouille

Le site a livré d’autres artefacts nous permettant d’en savoir un peu plus sur le mode de à cette époque. En effet, proche des urnes d’autres objets archéologiques ont été retrouvés. Monnaies, tessons de céramique, bagues, épingles, boucles de ceinture, miroirs, rasoirs, couteaux, pelles, clefs, coffrets, ustensiles de cuisine… au total une centaine d’objets du quotidien ont été sortis de terre.

Pour en savoir davantage, rendez-vous sur : http://nalfin.fr/pontarion/environnement.php

Bibliographie :

LINTZ, Guy. 2001, La nécropole gallo-romaine des Sagnes à Pontarion (Creuse). Publications Chauvinoises.

LINTZ, Guy. 1999, « Quelques aspects de la nécropole gallo-romaine des sagnes à Pontarion (Creuse) », in Bulletin de l’Association Guillaume Budé, p. 112‑126.

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