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Corrèze Sites archéologiques

Le site gallo-romain des Cars

Le site gallo-romain des Cars sur la commune de Saint-Merd-les-Oussines en Corrèze est composé d’un sanctuaire composés de deux mausolées et une partie habitation avec une villa.

La découverte du site

Au cœur de la moyenne Montagne limousine, en Corrèze et du plateau des Millevaches, Marius Vazeilles identifie le site des Cars en 1917 qui sera fouillé pour la première fois en 1936. C’est en étudiant le paysage et la possibilité de reboisement de Saint-Merd-les-Oussines qu’il remarque un immense bac de granite enterré dans un vallon. Après une étude minutieuse, il découvre un temple-mausolée et s’active à obtenir des financements pour débuter la fouille du site. Les premières fouilles sont concluantes. A la suite, Marius Vazeilles cartographia le site lui valant un classement dès 1935 aux Monuments historiques. Les collections archéologiques découvertes sur le site sont récupérées puis exposés dès lors au sein d’un musée.

Le bac découvert par Marius Vazeilles en 1917 lors de prospection de reboisement

Les fouilles

A la suite des premières fouilles menées par Marius Vazeilles, de nouvelles recherches sont entreprises dans les années 1970 sous l’autorité de Guy Lintz. On remarque alors rapidement que la villa comporte de nombreuses pièces : cours, thermes et une réserve d’eau creusée dans un bloc de granit. Il s’agit du fameux bac des Cars qui lui confère ce nom aujourd’hui.

Les deux « temples-mausolées »

La partie « sanctuaire » du site et ses deux mausolées

L’une des particularité du site archéologique des Cars est la présence de deux temples-mausolées. La construction des deux monuments funéraires remonte probablement à la fin du IIe siècle ou au début du IIIe siècle de notre ère. Pendant longtemps, l’ensemble des deux monuments fut a été compris comme un seul et même temple. Cependant, il semble qu’il s’agirait plutôt d’un sanctuaire comprenant deux mausolées. Ces constructions funéraires faites à partir de pierres de granit assemblées par des agrafes en métal servaient pour l’incinération des corps des défunts. L’incinération était le mode de sépulture le plus couramment utilisé. On distingue les vestiges de deux monuments funéraires.

Chacun de ces deux mausolées a sa propre particularité, l’un semblait être une sépulture individuelle accompagnée d’un emplacement prévu pour un coffre funéraire tandis que l’autre est une sorte de « temple-tombeau » possédant un podium et une abside semi-circulaire, un modèle de sépulture diffusé en Occident au Ier siècle de n.è. Ce second mausolée contenait plusieurs ossements calcinées d’une familae (terme latin désignant les membres habitant un même lieu, ici la famille et les esclaves). Les cendres étaient contenus dans un coffre funéraire taillé et représentant une scène de chasse au sanglier.

Vue aérienne du sanctuaire du site gallo-romain des Cars.
Sources : Les Cars, l’histoire en granit, 2017, France 3 nouvelle aquitaine
Crédit : © André Abalo

La villa

On estime approximativement une datation du site autour du IIème siècle de notre ère. A l’image de nombreuses villae en Gaule, son implantation suit celle de la voie romaine tout en restant à l’écart. Dans l’Antiquité, une villa désigne avant tout un domaine agricole avec une résidence principal et des bâtiments secondaires, depuis lesquels le maître administre l’exploitation. Dans le cas de la villa des Cars, celle-ci se trouvait à proximité d’un sanctuaire où on incinérait les morts.

Au cœur de la villa, plusieurs pièces ont pu être identifiées. Le domaine disposait de plusieurs espaces et le découverte d’enduits peints et de vestiges de mosaïques suppose l’existence d’une riche décoration. La villa comprenait une cour intérieure à partir de laquelle on distingue deux grandes parties : une partie sud-est, probablement antérieure à la seconde, au nord-est. L’étude de chaque pièce a permis d’identifier tout un espace thermal avec deux chambres de chauffe (1), une piscine chauffée (2), des salles thermales (3, 4, 5, 6, 7, 8) comportant probablement un caldarium, un tepidarium et un frigidarium, des salles possédant des foyers contre les murs (11, 12), des pièces dont la fonction n’a pas été identifié (13, 17), un atrium (14), une galerie couverte (15), un triclinium (16) et une cuve de granit contenant de l’eau (18). L’identification de ces pièces permet d’affirmer que la villa possédait bien l’eau courante et le chauffage.

La villa, ses nombreuses pièces et son espace thermal, vue du ciel.
Sources :
Les Cars, l’histoire en granit, 2017, France 3 nouvelle aquitaine
Crédit : © André Abalo
La villa gallo-romaine et ses différentes pièces

Un site ouvert à tous

Le site est ouvert toute l’année et l’accès est libre et gratuit. Si vous souhaitez en savoir davantage sur les objets découverts, rendez-vous au Musée Marius Vazeilles de Meymac.

Pour en savoir davantage, rendez-vous sur le site : https://site-gallo-romain-les-cars.com/

Bibliographie :

LINTZ, Guy, et SAUTEREAU Isabelle. 1996, Sanctuaires et habitats antiques de la montagne limousine : Les Cars, Corrèze. Culture et Patrimoine en Limousin.

MORETTI, Jean-Charles, et TARDY, Domonique. 2006, « Les monuments funéraires des Cars en Corrèze : premier bilan des recherches », in La Gaule dans l’Empire romain.

PAILLET, Jean-Louis, et TARDY Dominique. 2015, « Les monuments funéraires de Cars ». Marius Vazeilles et le développement du territoire de Millevaches d’hier à demain, p. 43‑50.

PAILLET, Jean-Louis, et TARDY Dominique. 2019, « Vivre et mourir aux Cars : les monuments funéraires du Bac-des-Cars (Corrèze) ». Travaux d’Archéologie Limousine, vol. 39, p. 101‑117.

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